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REFORME : formation des enseignant-es, on avance ? on recule ?

lundi 14 décembre 2020

Depuis deux ans, la “réforme” de la formation des enseignant-es est en préparation. L’objectif annoncé d’améliorer la formation initiale et la rendre plus homogène sur le territoire passe bien après la volonté de faire des économies et d’assurer la mainmise de l’EN employeur sur les futur-es enseignant-es par le formatage. Prévue pour septembre 2021, nous n’en n’avons toujours qu’une vision incomplète. Faisons le tour des éléments de la réforme pilotée par le MEN, connus à ce jour :

- Un concours flou : la réforme est prévue pour les concours de la session 2022 mais les textes précisant les contenus des concours ne sont toujours pas publiés, alors que la première cohorte d’étudiant-es concerné-es est actuellement en M1 !

Pour la FSU, l’oral de “motivation” prévu pour tou-tes les candidat-es porte atteinte à l’égalité républicaine des concours de la fonction publique ; il génère une plus grande part de subjectivité et donc de discrimination, et confirme la volonté du ministre de ne recruter que des enseignant-es “compatibles” avec sa conception du service public d’Education.

- Un diplôme en équilibre précaire : les maquettes du master MEEF doivent être encore modifiées pour prendre en compte la “réforme” avec notamment des contenus resserrés sur les fondamentaux... Le texte prévoit qu’un tiers du temps de formation en master soit assuré par des enseignant-es ayant une responsabilité de classe. Les PEMF étant déjà submergé-es, il est inimaginable d’appliquer une telle injonction sans postes et moyens supplémentaires. Le risque est grand que cela soit des collègues recruté-es au bon vouloir des IEN, comme dans le 2nd degré, sans temps dédié pour la conception et la préparation, sans formation ni indemnité spécifique à la hauteur de la mission. Cela risque d’engendrer un turn-over important et une instabilité des équipes de l’INSPE qui, associés à un contenu de formation appauvri, porteraient atteinte à la cohérence de la formation et à la valeur d’un diplôme universitaire et professionnel. 

- Un stage MEEF déstabilisant les équipes d’école et dont le rôle formateur n’est pas pensé : une petite partie des étudiant-es MEEF (choisi-es comment ?) seront en responsabilité de classe (avant le concours donc) pour un tiers de service (8h) rémunéré autour de 600€ net/mois. Les modalités et l’organisation précises de cette alternance “en responsabilité” ne sont pas arrêtées pour le moment mais on peut craindre qu’elles soient pensées comme un vivier de moyens de remplacement. Outre le fait que ce tiers temps mettrait alors seul-es devant élèves des étudiant-es n’ayant pas terminé leur formation, ce choix risque d’impacter sévèrement le fonctionnement des écoles et le mouvement des personnels. En effet, les décharges de ⅓ temps dans les écoles sont facilement identifiables : décharges de direction de 8/9 classes et décharges PEMF. Une telle mise en œuvre ferait alors sauter les postes fractionnés à titre définitif créés sur ces décharges qui permettent d’avoir une stabilité sur les équipes. Sur les autres formes de stages (tous les étudiants ne seront pas alternants), on ne sait pas grand chose… sauf qu’il faudra aussi les accueillir dans les écoles ! 

- Une formation des stagiaires insuffisante : après la validation du master et la réussite au concours, il y aura plusieurs profils de fonctionnaires stagiaires. Les lauréat-es ayant été MEEF alternants (pendant le master) seront à temps plein avec des jours de formation “à la volée” ; les volumes et contenus de formation seront décidés par une commission académique au regard des moyens disponibles localement… autant dire que l’homogénéité nationale annoncée est déjà abandonnée. Pour les autres, la majorité probablement, il y aura une alternance : 50% classe / 50% formation. Le dispositif prévu va donc faire perdurer l’affectation de lauréat-es n’ayant aucune expérience de classe en responsabilité d’une classe dès le 1er septembre. Une aberration. 

Pour conclure, force est de constater que l’ensemble des transformations prévues est loin de garantir les améliorations qu’elles prétendent porter, tant sur le plan des conditions d’étude que de la qualité de la formation. Pour rappel, la formation initiale des enseignant-es a perdu plus de 200h depuis 15 ans, qui n’ont pas été réinjectées en formation continue. L’impact de cette réforme sera important sur les écoles qui seront encore plus sollicitées pour intervenir quasi bénévolement dans la formation. L’attractivité recherchée pour les métiers de l’enseignement et l’égalité de traitement des étudiant-es et stagiaires n’est absolument pas garantie. 

Rappel de nos mandats :

Une entrée toujours plus tardive dans le métier : Le recrutement passant d’un concours fin de M1 (Bac+4) à des épreuves fin du Master 2 (Bac+5), cette situation recule une nouvelle fois l’entrée dans le métier par voie statutaire.

Le SNUipp-FSU revendique toujours un concours sous condition de licence placé en fin de L3, garantissant une formation initiale rémunérée sous le statut de fonctionnaire.

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