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Quel avenir pour le concours PE ?

mardi 4 juin 2019

Changements envisagés pour le concours.

Le Ministère a décidé de modifier la place du concours et par conséquent l’architecture de formation initiale. Les nouvelles maquettes de Master MEEF seraient mises en place pour la rentrée 2020 et le nouveau concours de recrutement entrerait en vigueur en 2022.

Après des premières annonces évoquant un concours scindé, le Ministère projette actuellement de placer le concours en fin de M2 avant une année de formation initiale sous le statut de fonctionnaire stagiaire. Ces discussions ont commencé en février et le SNUipp-FSU a exprimé son opposition à cette nouvelle proposition.

Premier point négatif, le recul d’une année de la titularisation, c’est une année de moins de cotisation à la retraite et aucune annonce en parallèle de revalorisation du salaire en début de carrière. Deuxième point, les parcours des étudiants-AED recrutés dès la L2 ne sera pas sécurisé, ils se retrouveront dans la même problématique que pour un "job étudiant" classique...un risque d’échec au concours plus important. Enfin, cela continuerait d’amplifier la possibilité pour le ministère de créer un vivier de contractuels potentiels titulaires d’un Master.

  • Quel statut avant et pendant le Master ?

Tout d’abord, le ministère n’exclut pas la possibilité de prolonger les contrats AED jusqu’en M2 ! (au lieu du M1 actuellement) Toujours plus loin les économies. Ensuite, le SNUipp-FSU a demandé à rediscuter le poids et les modalités de stage, nous continuons de dénoncer l’utilisation des stagiaires (et à fortiori des étudiants) comme moyen d’enseignement. Enfin, concernant le statut des étudiants en M2, les discussions tournent autour d’un contrat d’apprentissage ou autre type de contrat permettant de cumuler les bourses...on est très loin du statut actuel de fonctionnaire stagiaire en M2 ! Concernant les modalités du stage après le concours...c’est encore le flou.

  • Quel contenu pour le nouveau concours ?

Grande question ! Actuellement les discussions se sont focalisées sur la place de celui-ci. Il serait donc situé entre les deux années de Master MEEF et l’année de formation professionnelle. Par contre, son contenu reste encore flou. Pour le moment, le ministère s’oriente sur un concours "à profil", c’est à dire qui prendrait en compte le parcours de chacun. Par exemple, les étudiants-AED verraient leur expérience professionnelle valorisée. Cela pourrait aussi permettre aux candidats non issus d’un Master MEEF de valoriser leur discipline... Bref, on sait enfin à quelle place ils mettront le CRPE...mais on en sait pas beaucoup plus (et il semble que le ministère non plus) !

  • Quelle transition ?

Le changement étant prévu pour 2022, le SNUipp-FSU se pose de nombreuses questions sur la période de transition. En effet, celle-ci promet d’être complexe notamment pour le cas des candidats ne possédant pas de Master 2 (voir de M1) ou celles et ceux se destinant à une reconversion professionnelle et qui n’aurait qu’un niveau Licence...nous craignons une sérieuse érosion du nombre de candidats alors que la situation est déjà critique dans certains départements.

  • Quelle formation initiale après le concours ?

Lors de l’année post-concours, ce serait donc uniquement l’employeur qui dirigerait la formation...et l’avis de titularisation ne viendrait donc plus que de l’employeur (le MEN) et non plus des deux entités (EN et ESPE). Le risque est donc grand de voir les partis pris ministériels comme cadrage de formation, plutôt que des éléments issus de la recherche. La DGRH du MEN n’hésite même pas à parler d’une formation initiale qui "s’adapte à l’emploi". Ainsi, il y a fort à parier qu’un lauréat du concours titulaire d’un Master MEEF se retrouve directement à plein-temps en responsabilité ! Encore une fois, une "individualisation" de la formation qui répond essentiellement aux besoins de l’employeur au détriment des besoins professionnels des collègues.

  • Conclusions ?

Pour le SNUipp-FSU, cette réforme, lourde de dangers pour l’école, ne permettra pas de former l’enseignant qui est nécessaire à l’école que nous voulons. Elle ne répond pas aux difficultés actuelles des stagiaires qui n’auront ni plus ni mieux de formation initiale, bien au contraire. Le plus grand danger réside dans le fait qu’elle va contractualiser des étudiant·es normalisant le statut de contractuel-le et ainsi fragiliser le statut d’enseignant·e fonctionnaire. Elle va permettre au ministre de faire des économies sur la formation des enseignant·es, recrutés après une formation universitaire professionnalisante. Elle va retarder la carrière des futurs PE. . En recentrant la formation sur les fondamentaux et en formatant les stagiaires sur les soi-disant « bonnes pratiques » elle va réduire le métier à un rôle d’exécutant et ne permettra pas aux futurs enseignant-es d’agir dans leurs classes pour réduire les inégalités scolaires liées aux inégalités sociales.

Elle va donc à l’encontre du projet que nous portons pour l’école qui nécessite une formation longue, ambitieuse tant en didactique qu’en gestes professionnels, qui croise l’ensemble de la recherche, qui comprend une progressivité dans les stages et une articulation avec la formation continue.

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